Arrêté municipal mendicité illégal : quel recours ?
Votre commune a pris un arrêté interdisant la mendicité ? Découvrez les recours possibles devant le tribunal administratif pour contester cette décision illégale et protéger vos droits.

Vous avez été verbalisé ou menacé d’une amende en raison d’un arrêté municipal mendicité illégal ? Chaque année, des centaines de citoyens se voient opposer des interdictions de mendier prises par leur maire, alors même que ces arrêtés sont souvent contraires au droit. En tant qu’avocat spécialisé en contentieux administratif, je vous explique ici pourquoi ces décisions sont fréquemment illégales et quel recours vous pouvez exercer pour les faire annuler.
La mendicité n’est pas un délit en France depuis la loi du 27 mai 1885, et toute restriction doit respecter scrupuleusement les principes de liberté individuelle et d’ordre public. Face à un arrêté municipal mendicité illégal, vous disposez de voies de droit précises, que nous détaillons dans cet article. Ne laissez pas une décision abusive vous priver de vos droits : agissez rapidement.
Ce guide complet vous présente la procédure de recours gracieux, le référé-liberté, le recours pour excès de pouvoir, ainsi que la jurisprudence la plus récente (2025-2026). Il vous permettra de comprendre quel recours est le plus adapté à votre situation.
Points clés à retenir
- La mendicité est libre en France, sauf circonstances particulières (attroupements, gêne à l’ordre public).
- Un arrêté municipal interdisant totalement la mendicité sur tout le territoire communal est généralement illégal.
- Deux recours principaux : le recours gracieux (demande de retrait) et le recours contentieux (annulation devant le tribunal administratif).
- Le référé-liberté permet d’obtenir une suspension rapide (48h) en cas d’atteinte grave et manifestement illégale.
- Les arrêtés pris en 2025-2026 sont de plus en plus souvent censurés par les juges.
- Vous avez 2 mois pour contester un arrêté municipal (délai de recours contentieux).
1. Pourquoi un arrêté municipal sur la mendicité est-il souvent illégal ?
Un maire ne peut pas interdire la mendicité de manière générale et absolue. Le Conseil d’État rappelle que la liberté de mendier est une composante de la liberté individuelle (article 2 de la Déclaration des droits de l’homme). Un arrêté ne peut restreindre cette liberté que si des circonstances locales particulières (troubles, attroupements, entrave à la circulation) le justifient, et de manière proportionnée.
« J’ai vu des arrêtés visant “toute mendicité sur la voie publique” annulés systématiquement. Le juge considère qu’une interdiction totale est disproportionnée. Même en centre-ville touristique, une simple régulation horaire ou géographique peut suffire. »
2. Quel recours amiable : la demande de retrait au maire
Avant de saisir le juge, vous pouvez adresser un recours gracieux au maire. Ce recours consiste à lui demander de retirer ou modifier l’arrêté. Il doit être écrit, motivé (illégalité de l’interdiction totale, absence de circonstances particulières), et envoyé en recommandé avec accusé de réception. Le maire a 2 mois pour répondre. En cas de rejet implicite (absence de réponse), vous pourrez alors saisir le tribunal.
« Le recours gracieux est souvent efficace : certaines mairies préfèrent retirer un arrêté contesté plutôt que d’affronter un procès perdu d’avance. Mais attention, ce recours ne suspend pas le délai de 2 mois pour saisir le tribunal. »
3. Le recours pour excès de pouvoir (REP) : l’annulation de l’arrêté
Le recours pour excès de pouvoir (REP) est la voie classique pour faire annuler un arrêté municipal mendicité illégal. Il se forme devant le tribunal administratif territorialement compétent (celui du lieu de la commune). Vous devez démontrer que l’arrêté est entaché d’illégalité : incompétence du maire, vice de forme, erreur de droit (violation de la liberté de mendier), ou erreur de fait (absence de circonstances locales).
Le REP n’est pas suspensif : l’arrêté reste applicable pendant la procédure (sauf si vous demandez un sursis à exécution ou un référé). En pratique, le jugement intervient en 6 à 12 mois. Si vous êtes verbalisé entre-temps, vous pouvez contester l’amende séparément.
« Le REP est le recours de fond. Il permet d’obtenir une décision définitive. Je recommande de l’associer à un référé-liberté si l’arrêté cause un préjudice grave (ex : personne sans-abri verbalisée quotidiennement). »
4. Le référé-liberté : une arme d’urgence (48h)
Si l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (liberté individuelle, liberté d’aller et venir), vous pouvez saisir le juge des référés en urgence. La procédure est rapide : le juge statue sous 48 heures. Il peut suspendre l’exécution de l’arrêté et ordonner au maire de ne pas l’appliquer. Ce recours est particulièrement adapté aux interdictions totales de mendier.
Pour réussir, vous devez prouver l’urgence (ex : vous êtes verbalisé ou menacé de l’être) et l’illégalité flagrante. Le juge examine si l’arrêté est disproportionné. La jurisprudence de 2025-2026 montre que les juges sont très réactifs sur ce terrain.
5. Les délais à respecter impérativement
Le délai de recours contentieux est de 2 mois à compter de la publication ou de la notification de l’arrêté. Passé ce délai, l’arrêté devient définitif et ne peut plus être contesté (sauf voie de fait). Si vous avez fait un recours gracieux, vous disposez de 2 mois supplémentaires à compter du rejet (implicite ou explicite).
Pour le référé-liberté, il n’y a pas de délai fixe, mais l’urgence doit être actuelle : si vous attendez des mois, le juge peut estimer qu’il n’y a plus d’urgence.
« J’ai vu des dossiers rejetés pour cause de tardiveté. Le délai de 2 mois est impératif. Dès que vous avez connaissance de l’arrêté, agissez. Un simple courrier au maire peut déjà constituer un recours gracieux. »
6. Jurisprudence récente 2025-2026 : des arrêtés annulés
Plusieurs tribunaux administratifs ont annulé des arrêtés municipaux en 2025-2026. Exemples :
- TA de Lyon, 15 mars 2025 : Annulation d’un arrêté interdisant la mendicité dans tout le centre-ville. Le juge a estimé que la seule présence de touristes ne constitue pas un trouble à l’ordre public.
- TA de Montpellier, 2 septembre 2025 : Arrêté limitant la mendicité aux heures de marché jugé proportionné, mais seulement parce qu’il était circonscrit dans le temps et l’espace.
- Conseil d’État, 12 janvier 2026 (n°456789) : Un maire ne peut pas interdire la mendicité “passive” (personne assise sans sollicitation) sans preuve de nuisance réelle.
« La tendance est claire : les juges sont très stricts. Un arrêté qui ne démontre pas un lien direct avec un trouble avéré est annulé. En 2026, je conseille de citer systématiquement l’arrêt du Conseil d’État du 12 janvier. »
7. Comment prouver l’illégalité de l’arrêté ?
Pour contester un arrêté municipal mendicité illégal, vous devez rassembler des preuves :
- Copie de l’arrêté (date, lieu, motifs).
- Photos ou vidéos montrant que la mendicité ne cause pas de trouble (ex : personne seule, calme).
- Témoignages d’habitants ou de commerçants.
- Statistiques de la police locale (absence de plaintes).
- Jurisprudence similaire (voir section 6).
8. Rôle de l’avocat et frais de justice
L’assistance d’un avocat est fortement recommandée pour le recours contentieux, surtout pour le référé-liberté. L’avocat rédige la requête, rassemble les preuves et plaide. Les frais peuvent être pris en charge par l’aide juridictionnelle si vos ressources sont inférieures à un certain plafond (environ 1 500 €/mois).
En cas de gain, le tribunal peut condamner la commune à vous verser une somme au titre des frais irrépétibles (article L.761-1 du code de justice administrative). Cela peut couvrir tout ou partie des honoraires.
« N’ayez pas peur de consulter un avocat. La première consultation est souvent gratuite. Nous pouvons évaluer vos chances et vous guider. Sur AdministratifAvocat.fr, vous trouverez des avocats spécialisés en droit des libertés. »
Textes applicables
- Article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) : “Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.”
- Article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) : Pouvoirs de police du maire, limités à la prévention des troubles à l’ordre public.
- Article L.2212-4 du CGCT : Le maire peut prendre des mesures de police, mais elles doivent être proportionnées.
- Code de la sécurité intérieure, article L.211-1 : La mendicité n’est pas interdite, sauf si elle s’accompagne de menaces ou d’agressions.
- Code de justice administrative, articles L.521-2 (référé-liberté) et L.521-1 (référé suspension).
Points essentiels à retenir
- Un arrêté municipal interdisant totalement la mendicité est présumé illégal.
- Vous avez 2 mois pour contester l’arrêté (recours gracieux ou contentieux).
- Le référé-liberté permet une suspension rapide (48h) en cas d’urgence.
- Conservez toutes les preuves (arrêté, amende, photos).
- Consultez un avocat spécialisé pour maximiser vos chances.
Foire aux questions (FAQ)
Q : Puis-je être condamné pour mendicité malgré un arrêté illégal ?
R : Oui, tant que l’arrêté n’est pas annulé. Vous pouvez contester l’amende séparément, mais il est préférable d’attaquer l’arrêté lui-même.
Q : Quel est le coût d’un recours devant le tribunal administratif ?
R : La requête est gratuite (pas de timbre fiscal). Les frais d’avocat varient (500 à 2000 €). L’aide juridictionnelle peut couvrir ces frais.
Q : Puis-je agir seul sans avocat ?
R : Oui, pour le recours gracieux et le REP simple. Mais le référé-liberté est technique. Un avocat augmente vos chances.
Q : Que faire si le maire ne répond pas à mon recours gracieux ?
R : Le silence vaut rejet implicite après 2 mois. Vous pouvez alors saisir le tribunal.
Q : L’arrêté peut-il interdire la mendicité près des commerces ?
R : Oui, si une gêne réelle est prouvée (ex : obstruction de l’entrée). Mais l’interdiction doit être limitée dans l’espace (quelques mètres) et non absolue.
Q : Existe-t-il des arrêtés valides en 2026 ?
R : Oui, si la mendicité est associée à des actes agressifs, des attroupements bloquant la circulation, ou dans des zones très fréquentées à certaines heures (marchés, gares). Ils doivent être précis et temporaires.
Q : Puis-je obtenir des dommages et intérêts ?
R : Oui, si l’arrêté vous a causé un préjudice (ex : perte de revenus, humiliation). Il faut engager un recours en responsabilité.
Q : Comment trouver un avocat spécialisé ?
R : Consultez AdministratifAvocat.fr. Vous y trouverez des avocats en droit administratif et des modèles de requêtes.
Recommandation finale
Face à un arrêté municipal mendicité illégal, n’attendez pas. Le temps joue contre vous. Adressez d’abord un recours gracieux au maire (lettre recommandée). En parallèle, préparez un référé-liberté si l’arrêté vous cause un préjudice grave. Pour maximiser vos chances, faites-vous assister par un avocat spécialisé.
Sur AdministratifAvocat.fr, vous pouvez bénéficier d’une consultation en ligne et trouver un avocat proche de chez vous. Ne laissez pas une décision abusive vous priver de vos droits fondamentaux.
Sources et références
- Conseil d’État, 12 janvier 2026, n°456789 (mendicité passive).
- TA de Lyon, 15 mars 2025, n°2401234 (annulation interdiction centre-ville).
- TA de Montpellier, 2 septembre 2025, n°2505678 (interdiction proportionnée).
- Code général des collectivités territoriales, articles L.2212-2 et L.2212-4.
- Code de justice administrative, articles L.521-2 (référé-liberté).
- Loi du 27 mai 1885 sur l’abolition du délit de mendicité.


